FIN DE VIE



Saturés de présent et d’images virtuelles. Des temps à venir qui s’empilent dans le désordre faute de projet. Envies cohérentes absentes ou enrubannées de lassitudes et de réflexions lapidaires, emportées par le tourbillon de peines et de regrets qu’un passé absent de tout désir s’apprête à noyer dans la tempête d’une existence incertaine. Qu’est-ce qu’une fin de vie ? Une inspiration nouvelle? La préparation vers un ailleurs parallèle ? Un point- virgule après essoufflement ? Une harmonie restrictive ou la douleur d’une nouvelle naissance ? Les supputations nombreuses et hasardeuses ne font qu’interroger une méconnaissance programmée.


Une méconnaissance angoissée pour les uns, une sérénité altruiste pour les autres. Le cycle de la vie et de la mort ne sont que les deux aspects de la même médaille. Cette pensée suggère une réflexion : « La mort existe-t-elle ou ne s’agit-il là que d’une transformation à but évolutif ? ». Un arrêt sur image au profit d’un nouveau souffle ?


Pourquoi pas un recueillement indispensable à l’épuration de son univers. Le corps de l’homme, fait d’eau, de viande et d’abats est, en fait, le support d’un esprit qui est énergie et serait, par conséquent, immortel. Rien ne disparaît, tout se transforme. Ce qui est valable pour l’univers, l’Est également pour l’être humain. Face à l’inconnu, au sentiment d’abandon, à l‘inéluctable, l’homme est souvent démuni et aussi seul qu’il l’a été durant toute son existence. Cette fois-ci pourtant il entame un voyage sans retour, sans éclaircissements quant à l’itinéraire à suivre. Une destination fréquemment imaginée, sollicitée, espérée mais incertaine, dont il ne maîtrise pas le parcours.


Il craint la voie sans issue, le silence sans images, comme la nuit dans une chambre d’enfant où les angoisses suscitent des appréhensions indéfinissables. Des sensations de cauchemars virtuels qui ne sont que pulsés. Cette errance obligée et intense, n’est que la ponctuation mettant fin à tout ce qui fut inutile durant le périple terrestre, le point final aux combats gagnés ou perdus tout au long des pérégrinations temporelles.



C’est une nouvelle naissance dans la spiritualité, une naissance éclairant l’écran de l’âme et rend compréhensible ce qui ne l’était pas. C’est le regard sur soi qui illumine le cheminement à venir. La mort n’intéresse que celui qui la subi. Celle des autres ne suscitent, à de rares exceptions près, qu’indifférence. Comme la plupart d’entre nous, nous pleurons plus facilement une perte de présence et l’inconfort d’une absence que la mort en elle-même. Nous pleurons avant tout sur nous-mêmes et il n’y a pas de honte à cela. A considérer la marche du monde et le comportement de « l‘homo sapiens sapiens » vecteurde désordres en tous genres, de brutalités sanguinaires, sans parler des égoïsmes individuels ou nationaux, il est normal d’estimer notre civilisation en danger et en rupture avec sa morale.



L’Occident vit depuis des siècles de rapines, d’exactions, de félonies, de lâchetés et de guerres. Il sait assassiner ses semblables avec la dextérité d’un prestidigitateur et son exemple se répand comme une maladie vénérienne à travers le monde. La majorité s’en lave les mains en détournant pudiquement le regard. Dans le meilleur des cas une larme vite essuyée fera l’affaire pour maintenir notre conscience à un niveau acceptable.


Plus tard, quand le mal aura fait son œuvre, nous répéterons à satiété l’antienne de l’ignorance, comme en mille neuf-cents quarante-cinq. Le courageux combat du peuple Kurde contre Daëch afin de nous préserver des barbares, ce pauvre peuple se voit une nouvelle fois trahi par l’occident. Bis repetita, la lâcheté n’a ni passeport, ni nom de famille. Le titre du livre que les nains de la politique occidentale sont en train d’écrire pourrait se nommer : « Pour quelques dollars de plus ». Prêcher la morale le doigt sur la couture du pantalon, les Saintes Écritures en bandoulière et fournir des armes aux belligérants qui se repaissent du sang de nos concitoyens n’est pas seulement stupéfiant, mais également criminel. Respecter ses nationaux devient une gageure impossible quand les responsables politiques ne se respectent pas eux-mêmes et se laissent corrompre comme des voyous.  Il est surprenant de constater à quel point l’indifférence s’empare de la plupart d’entre nous et considère l’évolution de ces mœurs comme un fait acquis et inéluctable.

La vie, comme les civilisations n’ont qu’un temps. Elles finissent toutes un jour par disparaître. Nous arrivons potentiellement au crépuscule de la nôtre, car nous disposons aujourd’hui des outils suffisants, favorisant cette extrémité. Le monde et les sociétés qui en sont la trame, connaissent une accélération foudroyante de leurs besoins dans une impatience grandissante. Elle n’est plus qu’une marmite sous pression où règne la discorde, la haine et l’intolérance. Un monde où le savoir a cédé la place à l’avoir et au toujours plus. Un monde où la justice se joue de la misère et où le pauvre sert de bite d’amarrage au riche inculte.

La fin n’est qu’une promesse de renouveau. Les regards désertent l’horizon et se perdent dans le miroir des illusions.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Merci pour votre contribution !

A LA UNE !

RACISME COUTUMIER

Le racisme ordinaire est une notion à laquelle beaucoup prétendent échapper. L'homme est persuadé d’aimer, d’admettre et de comprend...